MaPrimeRénov' a connu des évolutions importantes au 1er janvier 2026. Si la structure générale du dispositif reste inchangée, plusieurs modifications affectent les montants, les travaux éligibles et les conditions d'accès. Voici un récapitulatif complet pour ne rien manquer.
Ce qui a changé au 1er janvier 2026
1. L'isolation des murs exclue du parcours monogeste
C'est le changement le plus impactant. L'isolation des murs par l'intérieur (ITI) et par l'extérieur (ITE) n'est plus éligible en parcours monogeste. Pour bénéficier d'une aide sur l'isolation des murs, il faut désormais s'inscrire dans le parcours accompagné (rénovation globale avec saut de 2 classes DPE minimum).
Qui est concerné ? Tous les propriétaires qui envisageaient d'isoler leurs murs en isolation seule. La démarche est désormais plus complexe (obligation d'un Accompagnateur Rénov') mais les montants disponibles sont aussi plus élevés.
2. Les chaudières à biomasse exclues du monogeste
Les chaudières à bois et à granulés ne sont plus éligibles en parcours monogeste depuis le 1er janvier 2026. Seuls les poêles à granulés et poêles à bûches restent éligibles en monogeste.
Cette décision s'inscrit dans la politique de recentrage de MaPrimeRénov' sur les équipements à très faibles émissions (pompes à chaleur, chauffe-eau thermodynamiques).
3. Renforcement des contrôles qualité
À partir de 2026, l'ANAH renforce les contrôles post-travaux :
- 20 % des dossiers feront l'objet d'une visite de contrôle sur site
- Les artisans ayant des signalements peuvent être exclus du dispositif
- Les propriétaires pourront signaler des malfaçons directement sur maprimerenov.gouv.fr
4. Nouvelles modalités de l'avance sur aide
Pour les ménages très modestes (profil Bleu), l'avance sur MaPrimeRénov' passe de 30 % à 50 % du montant estimé de l'aide. Cette mesure vise à réduire l'effet "reste à charge immédiat" qui bloquait certains ménages dans le lancement des travaux.
Ce qui ne change pas en 2026
- Les 4 profils de revenus (Bleu, Jaune, Violet, Rose) restent inchangés
- Les montants de base pour les travaux éligibles (PAC, isolation toiture/planchers, fenêtres, VMC) sont maintenus
- La règle des artisans RGE reste obligatoire
- Le parcours accompagné pour la rénovation globale garde sa structure
Le parcours accompagné renforcé
En 2026, le parcours accompagné (rénovation globale) bénéficie d'une attention particulière :
Nouveaux plafonds de dépenses éligibles :
- Profil Bleu : jusqu'à 100 000 € de travaux éligibles (contre 70 000 € en 2025)
- Profil Jaune : jusqu'à 80 000 €
- Profil Violet : jusqu'à 60 000 €
Extension de l'AMO (Accompagnement Maîtrise d'Ouvrage) : La prise en charge de l'Accompagnateur Rénov' est revalorisée à 4 000 € (contre 2 000 € en 2025) pour les situations complexes (copropriétés, logements très dégradés).
Impact sur les passoires thermiques
La combinaison MaPrimeRénov' 2026 + interdictions de location des logements G crée une fenêtre d'opportunité particulièrement favorable pour les propriétaires de passoires thermiques :
- Aide maximale disponible (70 % pour les profils Bleu)
- Obligation légale croissante de rénover (interdictions progressives)
- Valeur immobilière en hausse après rénovation
Comment s'adapter à ces changements ?
Pour les propriétaires qui voulaient isoler leurs murs
Deux options :
- Intégrer les murs dans une rénovation globale : plus de travaux, mais des aides bien plus importantes (jusqu'à 70 % du coût total)
- Attendre une évolution du dispositif : il est possible que les règles changent à nouveau. Un conseiller France Rénov' peut vous orienter.
Pour les propriétaires qui avaient un poêle à granulés en projet
Les poêles à granulés restent éligibles en monogeste. Les chaudières à granulés (différent des poêles) sont exclues du monogeste mais restent accessibles dans le parcours accompagné.
Les nouveaux contrôles en cours de chantier
Un dispositif de supervision renforcé
L'une des évolutions les plus structurantes de 2026 est la mise en place par l'ANAH de contrôles en cours de chantier (CCC), réalisés par des contrôleurs mandatés indépendants. Ces contrôles s'ajoutent aux contrôles post-travaux déjà existants (20 % des dossiers) et visent à détecter les fraudes avant la fin des travaux, lorsqu'il est encore possible d'intervenir.
Qui est concerné par les contrôles en cours de chantier ?
Les CCC s'appliquent principalement :
- Aux dossiers de rénovation globale (parcours accompagné) dépassant 30 000 € d'aides
- Aux chantiers signalés par l'Accompagnateur Rénov' ou par un tiers (voisin, syndicat de copropriété)
- Aux entreprises ayant fait l'objet de signalements antérieurs sur la plateforme MaPrimeRénov'
Pour ces dossiers, un contrôleur mandaté par l'ANAH peut se présenter sur le chantier sans préavis pendant la phase d'exécution des travaux. Il vérifie la conformité des matériaux posés (marque, référence, épaisseur pour l'isolation), la présence de personnel certifié RGE, et la correspondance avec les devis validés.
Conséquences en cas de non-conformité
Si un contrôle révèle une non-conformité :
- Mineure (écart technique corrigeable) : mise en demeure de corriger avant la prochaine étape de versement
- Majeure (substitution de matériaux, sous-traitance non certifiée) : suspension du dossier MPR et signalement à la DGCCRF
- Fraude avérée : remboursement intégral des aides perçues, exclusion de l'artisan du dispositif MaPrimeRénov', transmission au parquet
Pour les propriétaires de bonne foi, ces contrôles sont une protection supplémentaire. Pour les artisans sérieux certifiés RGE travaillant conformément aux devis, ils ne représentent aucun risque.
Comment se préparer à un contrôle ?
En tant que maître d'ouvrage, vous pouvez faciliter un éventuel contrôle en :
- Conservant les bons de livraison des matériaux (date, quantité, marque, référence)
- Prenant des photos régulières de l'avancement du chantier
- Vérifiant que les matériaux livrés correspondent bien à ceux du devis signé
- Signalant toute anomalie à votre Accompagnateur Rénov' (pour le parcours accompagné)
L'avance sur aide portée à 70 % pour les ménages très modestes en rénovation globale
Contexte : le problème du reste à charge immédiat
L'un des principaux obstacles à la rénovation énergétique des ménages modestes était le besoin d'avancer une part importante du coût des travaux avant de percevoir l'aide. Même avec une aide finale de 70 %, un chantier de rénovation globale à 40 000 € impliquait de disposer d'une trésorerie conséquente pendant la phase des travaux.
La nouvelle avance en rénovation globale
À compter du 1er janvier 2026, pour les ménages profil Bleu (très modestes) engagés dans un parcours accompagné (rénovation globale), l'avance sur MaPrimeRénov' est portée à 70 % du montant estimé de l'aide, versée avant le début des travaux sur simple accord de principe de l'ANAH.
Pour les autres profils, l'avance reste à 50 % (Bleu en monogeste) ou n'existe pas (Jaune, Violet, Rose).
Exemple chiffré : Un ménage Bleu réalise une rénovation globale avec une aide MPR estimée à 28 000 €.
- Avance versée avant travaux : 70 % × 28 000 € = 19 600 €
- Solde versé après validation des travaux : 8 400 €
Cette avance de 19 600 € permet de rémunérer les artisans au fur et à mesure du chantier sans que le propriétaire ait à mobiliser ses propres fonds. Elle est versée directement sur le compte bancaire du bénéficiaire, qui la reverse aux artisans selon l'avancement des travaux.
Conditions pour bénéficier de l'avance à 70 %
- Profil de revenus Bleu uniquement
- Parcours accompagné uniquement (rénovation globale avec Accompagnateur Rénov')
- Dossier complet et accord de principe ANAH obtenu
- Artisans RGE sélectionnés et devis signés
MaPrimeRénov' Copropriété 2026 : les nouveautés
Rappel du dispositif
MaPrimeRénov' Copropriété finance les travaux de rénovation énergétique des parties communes des copropriétés. Le syndicat de copropriété (ou son syndic) dépose le dossier collectivement. Les travaux doivent concerner les parties communes : isolation de la toiture, ravalement avec isolation par l'extérieur, remplacement de la chaudière collective, ventilation des parties communes.
Nouvelles conditions d'éligibilité en 2026
Seuil de logements à améliorer : en 2026, les copropriétés doivent désormais justifier qu'au moins 65 % des lots à usage d'habitation principale présentent une étiquette DPE D ou inférieure (au lieu de 75 % auparavant). Ce seuil abaissé permet à davantage de copropriétés "intermédiaires" d'accéder au dispositif.
Seuil minimal de performance après travaux : les travaux financés doivent permettre d'atteindre une amélioration d'au moins 35 % de la consommation en énergie primaire de la copropriété (contre 30 % auparavant). Cette exigence accrue garantit que les aides financent des rénovations substantielles et non des gestes cosmétiques.
Plafond de dépenses éligibles revalorisé :
- 25 000 € par logement (contre 15 000 € en 2025) pour les travaux en parcours accompagné copropriété
- 15 000 € par logement en monogeste collectif
Prime forfaitaire pour les copropriétés fragiles : une prime additionnelle de 1 500 € par logement est introduite pour les copropriétés en plan de sauvegarde ou faisant l'objet d'une OPAH-copropriétés dégradées. Cette mesure cible les situations les plus difficiles où les charges de travaux pèsent le plus lourdement sur les copropriétaires modestes.
Comment initier une démarche copropriété ?
La démarche de rénovation en copropriété est plus complexe que pour un logement individuel. Elle nécessite :
- Un vote en assemblée générale à la majorité de l'article 25 des copropriétaires
- La réalisation d'un audit énergétique de la copropriété (obligatoire pour le parcours accompagné)
- Le recours à un Accompagnateur Rénov' collectif agréé par l'ANAH
- La sélection d'artisans RGE via un appel d'offres ou une mise en concurrence formelle
Le syndic professionnel peut accompagner cette démarche mais ne peut pas en être le maître d'ouvrage — c'est le syndicat des copropriétaires qui doit porter le dossier.
Simulez vos aides avec les nouveaux barèmes
Les barèmes RénoGuide ont été mis à jour pour refléter les règles 2026.
FAQ
Les travaux commencés en 2025 sont-ils concernés par les nouvelles règles ?
Non. Les dossiers déposés avant le 31 décembre 2025 et les travaux correspondants sont soumis aux règles 2025, même si les travaux se terminent en 2026.
L'exclusion de l'isolation des murs est-elle définitive ?
Rien n'est définitif dans les politiques publiques. Mais en l'état actuel des textes, l'isolation des murs est exclue du parcours monogeste jusqu'à nouvel ordre.
Les aides locales ont-elles évolué en 2026 ?
Les aides nationales (MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ) sont les seules à avoir évolué au 1er janvier 2026. Les aides locales dépendent de chaque collectivité et évoluent à leurs propres rythmes.
Comment savoir si je suis profil Bleu, Jaune, Violet ou Rose ?
Les profils de revenus sont déterminés par les revenus fiscaux de référence (RFR) de votre foyer, divisés par le nombre d'unités de consommation (UC). Les plafonds sont disponibles sur maprimerenov.gouv.fr et sont mis à jour chaque année. En règle générale, pour un couple sans enfant, le profil Bleu correspond à un RFR inférieur à environ 28 000 € par an.
L'avance à 70 % est-elle disponible immédiatement après le dépôt du dossier ?
Non. L'avance est versée après l'obtention de l'accord de principe de l'ANAH (instruction du dossier), la signature des devis définitifs avec les artisans RGE, et la validation du plan de financement complet par l'Accompagnateur Rénov'. Comptez 6 à 10 semaines entre le dépôt du dossier et le versement de l'avance.
Un contrôle en cours de chantier peut-il bloquer mes travaux ?
Un contrôle ne bloque pas les travaux en lui-même. Il peut en revanche entraîner une suspension du versement de l'avance ou du solde si des non-conformités sont constatées. Dans ce cas, l'artisan dispose d'un délai pour régulariser la situation. Si les travaux sont réalisés conformément au devis par un artisan RGE, le contrôle ne crée aucune difficulté.